Le rythme de sortie de nouvelles applications iPhone, loin de faiblir, subit depuis quelques mois une accélération qui confine à la déferlante. Une déferlante qui risque bien de tout emporter sur son passage, ne laissant que quelques miettes un peu rassies à ses concurrents. Déjà plus de 100.000 applications disponibles, et je dois recevoir chaque semaine une dizaine de communiqués m’informant de la sortie d’une nouvelle application (quatre rien que pour la journée d’hier).

La concurrence est-elle bien armée ?
Seule la plateforme Android résiste vaillamment, mais plus discrètement, en proposant déjà près de 25.000 applications, dont certaines exclusives (comme l’excellent Layar) et d’autres qui n’ont rien à envier à celles déjà présentes sur l’App Store d’Apple, et notamment les clients Twitter comme Seesmic ou Twidroid, ou encore les applications médias comme celle du Monde, présente sur les deux plateformes.
Pour les autres systèmes d’exploitation mobiles, comme Windows Mobile ou Symbian, même s’il serait malvenu de sonner le tocsin trop tôt, force est de constater que le retard accumulé ces dernières années (alors qu’ils étaient pionniers) risque d’être difficile à rattraper. Si Windows Mobile a longtemps gardé un avantage en matière d’ouverture et de nombre d’applications (plus de 15.000 sur PocketGear, bien avant l’App Store), la pauvreté du catalogue Marketplace et surtout sa confidentialité ne plaident pas en sa faveur. Quant il n’est pas planté (impossible de faire la mise à jour sur mon Omnia II, et du coup l’application ne se lance pas…)
De plus, les applications disponibles pour Windows Mobile ont toujours oscillé entre applications pratiques (GPS…) et à usage professionnel (Quick Office…), soit des trucs pas toujours très sexy, alors que les applications stars de l’App Store d’Apple sont majoritairement des programmes grand public, ludiques (sans être forcément des jeux) et médias. Pour s’en convaincre il suffit de jeter un œil sur les logiciels les plus téléchargés, parmi lesquels on trouve tout sauf des trucs de geeks : Le Monde, Canal+, Facebook, Météo, SNCF, Shazam, Pages Jaunes, 20 Minutes, et même un niveau de maçon…
Cet obscur objet du désir
C’est là toute la réussite d’Apple : avoir fait rentrer un mobile de geek dans le grand public jusqu’à en faire un objet incontournable, à la fois puissant, ludique, pratique, agréable à utiliser, sexy et… fashion. Des qualités qu’aucun autre mobile n’a jusqu’à présent réussi à réunir, même si certains s’en approchent. Jusqu’à présent, quand un mobile était sexy, il n’était pas pratique, quand il était puissant, il n’était pas sexy, quand il était agréable à utiliser, il n’était pas fashion, etc etc etc… Encore un avantage que la concurrence aura du mal à rattraper, y compris avec les pourtant excellents Nexus One ou HTC Touch HD2.
Une réussite qui passe donc par les applications et qui les rend maintenant incontournables, puisque au cœur du dispositif iPhone pour conquérir ce qui reste du monde. Tellement incontournables que – au grand regret des possesseurs de mobiles d’autres marques – pour la plupart des éditeurs, marques et entreprises, l’équation internet mobile se résume à une variable : l’application iPhone. Et tant pis pour les autres.
Un mouvement unique dans l’histoire des outils de communication des entreprises ? Difficile à dire, car chaque époque a eu ses phénomènes de mode et de masse, mais ce fut rarement au profit d’une seule marque, ou d’un seul objet. Si l’on compare avec les supports de communication utilisés par les entreprises en remontant un peu le fil du temps, on constate que chaque époque a connu des innovations, dont certaines se sont installées pour longtemps (fax, carte de visite, site web..) et d’autres n’ont duré que le temps d’une mode (pin’s, badges…), mais aucune n’a été le fait d’une marque unique. Aujourd’hui, pour une entreprise, proposer une application iPhone est en train de devenir aussi évident et indispensable qu’avoir son site web, sa brochure et ses cartes de visite.
A chacun son application
Ce qui laisse penser que la tendance va encore s’amplifier et que nous n’en sommes qu’au début : après les marques grand public, après les médias, après les jeux, après les logiciels pratiques, les PME et même les TPE vont investir le marché, puis, pourquoi pas, les particuliers (l’application iPhone familiale, un créneau d’avenir ?), ouvrant d’autres perspectives au développement de l’App Store.
Phénomène de mode ou pas (ce que j’ai du mal à croire), l’iPhone est une formidable machine à consommer du contenu, et donc de l’application. Espérons que les autres plateformes mobiles puissent proposer une concurrence active et demeurer une alternative de qualité afin qu’internet mobile ne rime pas avec application iPhone au point que ce dernier terme ne devienne une marque générique…
Source: Presse-Citron